Repères historiques

Créée en 1991, la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP) repose sur une idée principale : la présence de dizaines de milliers d’étudiants et d’étudiantes adultes dans les universités et la conviction que la réalité de ces personnes est fort différente de celle des étudiants en formation initiale. D’où l’utilité qu’elles se regroupent dans des associations étudiantes distinctes et une fédération distincte.

Notamment parce que la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants pose des obstacles à la création d’associations d’étudiants adultes, on dénombre très peu d’associations étudiantes de la catégorie « éducation permanente ». Cela explique que la FAEUQEP n’ait ni le nombre de membres ni la notoriété des autres composantes du mouvement étudiant.

Défendre l’accessibilité

Comme en témoigne la liste des mémoires et avis qu’elle a produits depuis sa fondation, qu’on peut lire dans la section « Documents », la Fédération a tout de même pu se faire entendre dans les principaux débats sur l’éducation qu’a orchestrés le ministère de l’éducation au cours des 15 dernières années. Chaque fois, elle a défendu l’idée que l’accessibilité à l’université pour les adultes passe par le maintien de programmes d’études adaptés à leurs besoins, en particulier les programmes de certificat, dont le financement et l’existence ont été régulièrement remis en question au cours des deux dernières décennies.

De façon plus particulière, la Fédération fait également partie des groupes qui pressent le gouvernement d’instaurer la reconnaissance des acquis scolaires et expérientiels, y compris à l’université. Cette idée fait graduellement son chemin et elle devient même incontournable en raison de l’immigration et de la multiplication des sources de savoir.

Mesurées, bien argumentées, ces interventions n’ont certainement pas été étrangères au fait que la Fédération a été invitée à participer au comité ministériel qui a conçu la première version de la « Politique d’éducation des adultes dans une perspective de formation continue ». Elle a poursuivi son intervention tout au long du processus qui a mené à l’adoption officielle de la politique, en juin 2002.

Création de la Semaine des adultes en formation

De même, avec les autorités gouvernementales et l’Institut de coopération en éducation des adultes (ICÉA), la FAEUQEP a fait partie du noyau qui a jeté les bases de la Semaine québécoise des adultes en formation. Prévue dans le plan d’action de la politique d’éducation des adultes, cette Semaine existe depuis 2003 et elle s’inscrivait dans un mouvement international qu’anime l’UNESCO. à ce jour, une quarantaine de pays tiennent une telle semaine, qui vise notamment à promouvoir le principe de l’éducation tout au long de la vie, considérée comme un moteur indispensable du développement économique, social et culturel.

Malheureusement, dans le contexte des coupures budgétaires du gouvernement en place, cette semaine a été abolie en 2015.

Dans le cadre de chacune des éditions de la Semaine, la Fédération a été l’un des principaux instigateurs du Colloque des adultes en formation, un événement tout à fait singulier qui réunit, pendant deux jours, plus de 200 étudiants et étudiantes adultes du secondaire général, du secondaire professionnel, du cégep et de l’université. Les discussions portent sur les principaux obstacles auxquels se heurtent les adultes dans leur parcours de formation.

Le MQAF

Selon la volonté des participants, le troisième colloque, tenu en avril 2005, a donné naissance au Mouvement québécois des adultes en formation (MQAF), qui a la particularité de regrouper les étudiants adultes des trois ordres d’enseignement. Le Mouvement a adopté un programme politique constitué des propositions adoptées au cours des deux colloques précédents ainsi que des Règlements généraux; il a aussi élu un conseil d’administration de 18 membres.

Le pari du MQAF, c’est que, au-delà des caractéristiques et des problèmes propres à chacun des quatre groupes, les étudiants adultes ont intérêt à se regrouper pour se donner une voix plus forte. En l’état actuel des choses, l’éducation des adultes ne dispose que d’un faible poids politique auprès des pouvoirs publics, ce qui entrave son développement. Dans le monde de l’éducation des adultes, il est indéniable que la naissance du MQAF a été accueillie favorablement.

Au fil des ans, la FAEUQEP s’est par ailleurs imbriquée dans le réseau de l’éducation des adultes. Depuis plus de dix ans, elle participe activement aux activités de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA), le principal carrefour de l’éducation des adultes au Québec. Elle est aussi membre du Conseil international de l’éducation des adultes (CIEA), de la Table nationale des partenaires de l’Université, de l’Association canadienne d’éducation des adultes des universités de langue française (ACDEAULF), qui regroupe principalement des enseignants, des chercheurs et des professionnels de l’éducation des adultes dans les universités, et de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS).

Partenaire à L’UNESCO

En 2007, la Fédération a également été invitée à joindre la Commission de l’éducation de la Commission canadienne pour l’UNESCO. La Fédération a ainsi été associée à la préparation de la sixième Conférence internationale sur l’éducation des adultes (CONFINTEA VI), qui a eu lieu en 2009 au Brésil. Ces conférences internationales, qui se tiennent environ tous les 12 ans sous l’égide de l’UNESCO, sont très importantes, car elles invitent les pays participants à prendre des engagements pour développer l’éducation tout au long de la vie. à titre d’exemple, ce sont les engagement pris par le Québec au cours de CONFINTEA V, en 1997 à Hambourg, qui ont entraîné l’adoption de la politique d’éducation des adultes et la création de la Semaine québécoise des adultes en formation.

Ce sont là les grands traits qui définissent la FAEUQEP.