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Financement universitaire au Québec

Alors que nous semblons avoir maîtrisé la pandémie et que la vaccination va bon train, l’heure est au bilan au Québec. Dans le cas des universités québécoises, la pandémie s’est fait sentir sur le plan du financement et plusieurs institutions prévoient être déficitaires au terme du bilan de 2020-2021. La pandémie a eu pour effet de souligner les failles du financement universitaire au Québec. Il est question du manque de financement gouvernemental ainsi que l’importance démesurée des revenus privés et des particuliers, notamment la contribution des étudiants et étudiantes venus de l’étranger.

 

Depuis plusieurs années, une pléthore d’associations et d’organismes demande au gouvernement d’augmenter le financement des universités. La tendance que nous observons est bien différente, le financement gouvernemental est passé de 87 % de l’enveloppe budgétaire des universités en 1988 à 63,4 % en 2015. Cette situation a pour effet de forcer les universités à trouver des sources de financement alternatives. Ainsi, les institutions québécoises se tournent vers les revenus issus du privé, ce qui a pour effet de réduire l’autonomie universitaire.

 

L’autre option des universités est de renflouer les coffres par l’entremise des frais de scolarité. Ainsi, la contribution étudiante est passée de 5,5 % du budget des universités en 1988, à 16,9 % en 2015. Or, les étudiants ont amplement de pression financière et il est crucial de réduire leur contribution au financement des universités afin d’assurer un contexte favorable aux apprentissages. De plus, les étudiants internationaux et étudiantes internationales étant une source importante de financement pour les universités, le déficit en lien avec la pandémie peut être partiellement attribué à la baisse du nombre de personnes venant étudier au Québec.

 

Ces faits démontrent une dépendance patente de l’université à l’endroit de ses créanciers. La quête constante de l’équilibre budgétaire pour les universités représente un fardeau limitant l’autonomie de l’institution. Il est impératif d’augmenter le financement des universités afin de l’affranchir de sa précarité financière et de sa quête constante de nouvelles sources de financement. Michel Lacroix, président du syndicat des professeurs et professeures de l’UQAM l’illustrent parfaitement : « C’est comme si on devait vendre des immeubles ou mettre à la porte des employés chaque fois que le nombre d’étudiants diminue. » Si l’on veut que l’université soit une institution indépendante, autonome et réellement portée vers la recherche et l’enseignement, il est essentiel de remédier à cette situation.

 

Sources:

 

Le Devoir …>

 

Institut de recherche et d’informations socioéconomiques …>

 

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